Assemblée nationale · 2026-07-07
Présomption de légitime défense des forces de l'ordre (2026)
Instaure, dans le code de la sécurité intérieure, une présomption au bénéfice des policiers nationaux et des gendarmes qui font usage de leur arme : ils sont présumés avoir agi dans l'un des cas où la loi les autorise à tirer, et dans le respect des conditions d'absolue nécessité et de stricte proportionnalité. Le texte précise que cette présomption peut être renversée à tout moment par tout élément de preuve contraire. Il réécrit par ailleurs le cas dit du « périple meurtrier » sans en modifier les conditions. L'enjeu : la charge de la preuve dans les enquêtes ouvertes après un tir policier, mise en balance avec le contrôle exercé sur l'usage d'une arme pouvant donner la mort. Scrutin officiel →
Pour = présumer que les policiers et gendarmes ayant fait usage de leur arme ont respecté les conditions légalesContre = refuser cette présomption
Adoptée en première lecture le 7 juillet 2026 ; la navette parlementaire se poursuit au Sénat. Le dispositif initial, qui inscrivait une présomption de légitime défense dans le code pénal et couvrait aussi la police municipale, a été supprimé en séance et remplacé par celui décrit ci-dessus. Ses opposants qualifient le texte de « permis de tuer », ses partisans de protection nécessaire des agents. Ce sont des qualifications rapportées, que le site ne reprend pas à son compte.
Adopté · 313 pour, 199 contre, 5 abst.
Comment se positionnent les candidats
Vote personnel issu des scrutins officiels. « Non concerné » : pas en poste à la date du scrutin ; « indisponible » : jamais parlementaire ; « à importer » : donnée pas encore chargée. La position d'un parti n'est pas le vote personnel d'un candidat. Voir la section suivante.
- pour Marine Le Pen, Gabriel Attal
- contre François Ruffin, Jérôme Guedj, Philippe Brun
- absent (déduit) Delphine Batho
- non concerné Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Bernard Cazeneuve, Florian Philippot, Lydie Massard, Nicolas Dupont-Aignan, Ségolène Royal, Xavier Bertrand
- indisponible Marine Tondelier, Anasse Kazib, Antoine Mikolajczak, Clara Egger, David Lisnard, François Asselineau, Karim Bouamrane, Nathalie Arthaud, Selma Labib
Comment ont voté les partis
Décompte réel des voix du groupe au scrutin officiel ; la position mise en avant est la tendance majoritaire.
- Rassemblement National : pour (122 pour)
A voté pour : l'idée, portée de longue date par l'extrême droite, vise à mieux protéger juridiquement les policiers et gendarmes faisant usage de leur arme. (source)
- La France insoumise - Nouveau Front Populaire : contre (69 contre)
A voté contre, s'appuyant sur l'alerte du Défenseur des droits : la présomption risquerait de porter atteinte au droit à la vie et au contrôle de l'usage des armes par les forces de l'ordre. (source)
- Ensemble pour la République : pour (55 pour · 12 contre)
A voté majoritairement pour ; le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'était dit personnellement favorable au texte. (source)
- Socialistes et apparentés : contre (62 contre)
A voté contre, au nom des mêmes réserves que celles exprimées par le Défenseur des droits sur le droit à la vie. (source)
- Droite Républicaine : pour (48 pour)
A voté pour ; la proposition a été déposée par le député Éric Pauget (LR/DR), dans un objectif de meilleure protection des forces de l'ordre. (source)
- Les Démocrates : pour (28 pour · 1 contre · 5 abst.)
- Horizons & Indépendants : pour (31 pour)
- Écologiste et Social : contre (29 contre)
A voté contre, jugeant la présomption attentatoire aux garanties entourant l'usage de la force. (source)
- Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires : pour (9 pour · 8 contre)
- Gauche Démocrate et Républicaine : contre (17 contre)
A voté contre, pour les mêmes motifs (atteinte au contrôle de l'usage de l'arme). (source)
- Union des droites pour la République : pour (14 pour)
- Non inscrit : pour (6 pour · 1 contre)